Xarli Zurell peint son environnement, les parcs qu’il traverse et partage avec
des inconnus.

L’artiste d’origine basque, ancien étudiant aux Beaux-Art de Nantes, est un fin
dessinateur et un coloriste expérimenté. Sa liberté chromatique se rapproche de
celle du groupe des Nabis et particulièrement de celle de Paul Sérusier (1864-1927)
qui, sur les conseils de son maître Paul Gauguin (1848-1903), représenta sa vision
du réel en suivant son instinct : « Comment voyez-vous ces arbres ? Jaunes, eh bien
mettez du jaune, le plus beau jaune de votre palette ». Les tons vibrants utilisés par
Xarli Zurell complète sa maîtrise des espaces et sa capacité à isoler une figure. En
effet, les sujets sont peints dans des couleurs exaltées et sont comme englobés par
un halo. Ces figures humaines se détachent de l’espace plan et passent
d’anecdotiques à spectaculaires.
Xarli Zurell travaille à partir de photographies qu’il prend dans des parcs. Ces
endroits sont à ses yeux des projections humaines, et donc nécessairement fausses,
de la nature. L’artiste re-cadre ses clichés en se concentrant sur les sujets qui
l’intéressent. Cependant, en faisant cela, il consacre de l’importance au hors-champ.
Bien qu’absents, les éléments hors-cadre sont visibles par un regard ou par une
direction. En cela, ce travail sur le hors-champ peut rappeler celui du peintre
français Gustave Caillebotte (1848-1894), qui développa la pratique du hors-champ
en suggérant une réalité visible aux figures du tableau, mais invisible aux
spectateurs de l’œuvre. De là, Xarli Zurell explique que ce hors-champ laisse de la
place à la projection du spectateur qui, peut alors s’identifier plus facilement à la
scène.

L’artiste peint des sujets vagabondants, se détachant des étendues herbeuses.
Ces silhouettes errantes semblent en prise à la « saudade », cet état émotionnel
proche du spleen baudelairien et mêlant rêverie, mélancolie ainsi que bonheur
imprécis. Si ces toiles, imprégnées d’une certaine impression de solitude,
s’inscrivent dans la lignée des personnages d’Edward Hopper (1882-1967), la
composition recherchée et les couleurs saturées de Xarli Zurell, montrent une
réalité alternative positive et joyeuse. L’artiste en viendrait presque à s’opposer à la
citation d’Oscar Wilde (1854-1900), lequel déclamait que « derrière chacune des
choses exquises qui existaient se cachait quelque chose de tragique ».

Baptiste Léger

oeuvre xarli zurell homme bleu fond mauve
Xarli Zurell, Ghost Town, 2020, huile sur toile, 40 x 30 cm
oeuvre xarli zurell deux personnages orange fond vert et jaune
Xarli Zurell, Ce qui nous lie, 2021, huile sur toile, 40 x 30 cm
oeuvre xarli zurell homme jaune et rose fond violet
Xarli Zurell, Traverser la nuit, 2021, huile sur toile, 40 x 30 cm
oeuvre xarli blocs beton
Xarli Zurell, A Thousand Snakes, 2020, huile sur toile, 150 x 100 cm
oeuvre xarli chien rose
Xarli Zurell, Dog, 2019, huile sur toile, 160 x 100 cm
oeuvre xarli femme bleue fond rose
Xarli Zurell, La photographe, 2021, huile sur toile, 40 x 30 cm
oeuvre xarli voiture bois
Xarli Zurell, Lisière, 2020, huile sur toile, 40 x 30 cm
oeuvre xarli voiture jantes
Xarli Zurell, Sur la jante, 2021, huile sur toile, 80 x 60 cm
oeuvre xarli rose et rouge cowboy
Xarli Zurell, Tiny Cowboy, 2021, huile sur toile, 40 x 30 cm
oeuvre xarli fond bleu coureurs rouges
Xarli Zurell, Warm-ups 02, 2021, huile sur toile, 80 x 60 cm